Publication: César Auguste Pompée, L’hôtel de ville de St-Julien

« Le 8è livret [de l’association Mémoire et Patrimoine] vient de paraître et s’intitule : « CESAR AUGUSTE POMPEE, L’HOTEL DE VILLE DE ST-JULIEN ». Dans cette publication, le professeur Leïla el Wakil présente une importante recherche sur l’évolution de la forme et des fonctions des mairies, « nouvelles basiliques du peuple ». Elle retrace le parcours de César Auguste Pompée et de sa famile d’architectes a qui l’on doit d’importants édifices publics entre Jura et Savoie dans la deuxième partie du XIXe siècle, dont la Sous- préfecture et l’Hôtel de ville de St-Julien. Jean-Luc Daval évoque quant à lui, l’évolution de ce bourg entre 1815 et 1870 en soulignant les nouvelles pratiques politiques et architecturales de la Savoie. » (Signé Genève)

Le patrimoine historiciste en danger : hier et aujourd’hui

Le premier numéro en ligne de la revue Historismus vient de sortir. Il est accessible en ligne ici.

Vous y trouverez, entre autres contributions, mon article « Le patrimoine historiciste en danger : hier et aujourd’hui. »

Ce numéro est édité par Francine Giese, Sarah Keller, Axel Langer, et Ariane Varela Braga.

Lac de Thun, lors de la dernière rencontre du réseau Historismus

Journée d’étude sur l’historicisme en Suisse

Le samedi 10 octobre 2020, je présenterai une conférence intitulée « Le Patrimoine historiciste en danger » lors de la Journée d’études sur l’historicisme en Suisse organisée par le Réseau Suisse de l’historicisme au Château d’Oberhofen.

Le programme complet de l’événement est disponible sur le site des organisateur·rice·s, historismus.ch. La participation est gratuite, avec inscription obligatoire par e-mail: info@vitrocentre.ch.

Table ronde lors des Rencontres du développement

En tant que fondatrice et membre du comité SOS Patrimoine, j’ai pris part le 26 septembre 2020 à une table ronde organisée dans le cadre des Rencontres du développement sur la question suivante: « Quelle architecture voulons-nous ? »

Les autres participant·e·s à cette table ronde étaient Robert Cramer, président de la section genevoise de Patrimoine Suisse; Claude Haegi, président de CAR Lignum-Genève; et Philippe Meier, président de la Fédération des associations d’architectes et d’ingénieurs de Genève.

Un compte-rendu de la discussion par Thierry Mertenat est accessible sur le site de la Tribune de Genève ici.

Des vidéos (résumé et version intégrale) sont aussi accessibles sur le site des Rencontres du développement.

Visuel architecture

Comment s’évanouit le patrimoine architectural

A partir d’une petite histoire vraie dans un village « protégé » du Genevois                                                                                                                                               

C’est avec stupéfaction que j’ai constaté la semaine dernière que mon jeune nouveau voisin, au demeurant fort sympathique, avait éventré la façade de la maison de feue Léa G., du côté jouxtant ma propre parcelle. Rien, lors des discussions que j’avais eu l’occasion d’avoir avec lui, ne laissait présager ce massacre. Il parlait avec émotion des murs de 300 ans d’âge. Je ne pensais pas que c’était pour les démolir.

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Lorsqu’au printemps 2020, pendant le confinement, j’ai reçu des photos montrant la destruction de la partie opposée de cette même façade et que je m’en suis inquiétée, la réponse que j’ai alors obtenue était que cette première atteinte était autorisée, la façade ayant subi à cet endroit des transformations au XXe siècle. Cela m’a alors un peu rassurée, mais pas tout à fait convaincue. Même une partie de façade du début du XXe siècle, réalisée avec les matériaux et savoir-faire traditionnels, a, à mon sens, de la valeur dans un village protégé.

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La maison de feue Léa G. était une maison encore très authentique, ayant conservé sa structure intérieure avec planchers en bois et ses façades, quand bien même les occupants précédents avait cru bon transformer fondamentalement la cour en la bétonnant et en abattant le beau mur à cadette arrondie qui séparait du côté cour ma propriété de la leur et ajouter un (ou plusieurs) velux sans autorisation. Cette famille à peine partie, la voilà remplacée par un jeune et sympathique vandale, qui a la langue bien pendue, qui pense maîtriser le projet architectural et surtout l’intervention dans l’ancien, une chose si délicate.

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Comment se fait-il qu’on puisse en arriver là dans un village qui se trouve accompagner un important château de la fin de la Renaissance, lui-même monument classé ? Où sont les erreurs d’aiguillage fatales qui provoquent un tel dérapage ? Lorsque j’ai acquis un bien en 1992, c’était parce que ce village, un peu endormi, avait beaucoup de charme et on prétendait qu’il était « protégé » d’une certaine manière au titre de périmètre du château (la loi des 500 m. tant discutée depuis). Je pensais garanti un avenir dans un environnement ancien et charmant relativement sous contrôle.

Etre spécialiste d’un domaine et être propriétaire étrangère d’un bien immobilier dans un village ont toujours pour moi été deux choses distinctes. Quand bien même j’ai appliqué à la propriété, dont je m’étais rendue acquéreuse, les règles que j’ai professées dans l’académie, il n’était, bien entendu, pas question pour moi d’essayer de vouloir imposer ces principes aux autres, puisque je n’avais aucune autorité pour le faire. Et, 28 ans plus tard, je m’en veux infiniment de n’avoir pas essayé, de n’avoir pas fait plus de pédagogie auprès des responsables.

Car le village ne s’est pas embelli pendant toutes ces années où la valse des propriétaires successifs et de leurs interventions successives, peu ou pas maîtrisées, ont entrainé mille et unes déprédations. Cela va des fautes de goût plus ou moins réversibles (et c’est un moindre mal) comme enduits complètement ratés et faux joints extérieurs, apparition de murs de clôture en bois ou parpaing sans obéir à aucune ligne directrice, ajouts de balcons métalliques achetés dans quelque Bricorama ou de structures en bois démesurées, remplacement de portes et fenêtres en bois par des portes et fenêtres métalliques, etc., aux atteintes irréversibles comme démolitions et reconstructions partielles, agrandissements clandestins des ouvertures, occupation des combles et leurs impacts en toiture, etc.

Toucher à la substance du gros œuvre des maisons anciennes est une atteinte grave et irrémédiable. Les murs de boulets et de pierres de taille constituent véritablement l’ossature substantielle du village et, lorsqu’on décide de remplacer ces vieux murs centenaires par des murs en parpaings de béton, il s’agit d’une atteinte fondamentale dont il faut bien mesurer tous les tenants et les aboutissants avant même le premier coup de marteau-piqueur. Et il faudrait surtout le faire en déposant une demande d’autorisation de démolir et reconstruire en bonne et due forme.

Le plus triste de toute cette sarabande est de constater la vitesse de rotation des propriétaires qui s’en prennent à ces bâtiments centenaires et les malmenant pour les abandonner aussi vite. Il s’agit parfois d’un « premier achat » qu’on revendra dans la foulée et, dans ce cas, il paraît d’autant plus inadmissible de « fermer les yeux » sur des atteintes graves qui péjorent à tout jamais le bien immobilier et lui font perdre toutes ses qualités initiales de bâtiment ancien. Pourquoi acquérir un bâtiment tricentenaire si c’est pour le travestir en maison moderne et détruisant sa substance et en faire un bien qui se mesure à l’aune des critères contemporains en appartements de 60 ou 80 m2 ? En encore, si tout cela se faisait sans atteinte aux façades et aux gabarits et avec les conseils d’un spécialiste des monuments historiques. Il y a à l’évidence un gros malentendu que des directives claires de la mairie et des monuments historiques, brandies au moment de l’achat ou aussitôt après, pourraient peut-être aider à dissiper dans l’intérêt de la mise en valeur du noyau villageois.

C’est bien volontiers que je m’entretiendrai avec Monsieur le Maire et ses Conseillers administratifs dans l’intérêt de la défense du caractère historique du village. L’architecture ancienne est un bien trop précieux pour qu’elle puisse être dilapidée n’importe comment par des intervenants sans compétences dans le domaine. Et remplacée par des faux semblants qui ne sont plus porteurs ni de sens ni d’histoire. Sans quoi, notre village « protégé », qui compte encore quelques belles maisons « dans leur jus », ne sera bientôt qu’un village sans charme et sans intérêt aucun, son château ayant lui-même subi des interventions discutables par le passé.

                                                                                                                    

Table ronde au Festival Images Vevey 2020

Le 17 septembre, j’ai participé à une table ronde dans le cadre de l’exposition de Céline Burnand, « Al Hayat – La Maison des Vivants » au Festival Images Vevey 2020.

Ma présentation sur Helwan al Hammamat recontextualisait l’émergence de Helwan comme ville de villégiature thermale et de cure. Wilhelm Reil, médecin allemand, fut le fondateur de cette ville nouvelle et l’inventeur du premier sanatorium. L’hôtel Al Hayat, construit au début du XXe siècle devait connaître un déclin après la première guerre mondiale et ressurgir du déclin avec l’arrivée de René Burnand en 1926.

Les autres participant·e·s :

*Vincent Barras, directeur de l’Institut de Médecine à Lausanne, a évoqué ce que signifiait la tuberculose au début du xxe siècle et des moyens déployés pour la contrer.

*Nadia Radwan, Professeure assistante d’histoire mondiale de l’art
à l’Institut für Kunstgeschichte à Berne, a présenté le contexte de l’Egypte des années 1920-30 en lien avec le projet de « Renaissance » nationale (Nahda) et de modernisation mis en place sous Fouad Ier.

*Estelle Sohier, maître d’enseignement et de recherche au département de géographie et environnement de l’université de Genève, a mis en avant des photographies de Frédéric Boissonnas en Egypte.

Le patrimoine bâti entre le marteau de la croissance et l’enclume du basculement du monde. Commentaire critique par Leïla el-Wakil, Genève

Texte publié dans bfo-journal, 4-2018, pp. 21-27 http://bauforschungonline.ch/sites/default/files/publikationen/bfo-journal_4.2018_el-wakil.pdf

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Les étés genevois des machines à broyer

Marcel Duchamp était, selon ses propres dires, fasciné par les machines d’une chocolaterie à Rouen, qu’il voyait fonctionner à travers la vitrine en contrebas de la rue où il habitait, ce qui lui suggéra la peinture de précision de l’une d’entre elles qui allait prendre place dans l’une de ses oeuvres les plus célèbres: le Grand Verre. Constituée de trois cylindres, chargés de réduire la granulosité du chocolat, ces machines tournaient implacablement, même à vide parfois. Toute aussi implacable est la machine immobilière locale, nationale et transnationale …, la grande mécanique internationale qui n’en finit pas de ne pas ralentir et qui broie dans les cylindres de ses bétonneuses les espoirs de toute vie durable et corollairement nos biens, nos souvenirs, notre histoire, nos maisons, nos arbres, nos jardins.

Cours du 10 novembre 2012 – Page 2 – L'art moderne

                                   (Machine à broyer le chocolat, Marcel Duchamp)

 

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