
Porto, que sa beauté, son authenticité, son caractère ont désignée tour à tour comme patrimoine mondial de l’humanité (1996) puis comme capitale européenne de la culture (1999), la ville d’Alvaro Siza est une ville insolite. Accrochée au flanc d’une colline dégringolant vers le Douro, éclairée d’un soleil cinglant qui fait étinceler les pavés sonores et les terres cuites vernissées, le Port, comme l’appelaient déjà les Romains, s’impose au visiteur. A l’extrémité d’artères rectilignes en montagnes russes des églises baroques revêtues d’azulejos se regardent.
Le patrimoine architectural recèle des trésors inouïs de toutes les époques qui ont miraculeusement échappé aux démolitions; la fin du XIXe siècle a marqué la ville d’une forte empreinte éclectique. C’est ainsi que l’on conserve des bâtiments administratifs, des cafés, mais aussi des magasins intacts depuis ce temps et toujours en activité. La librairie Lello, construite en 1881 par l’architecte Xavier Esteves pour le lettré José Pinto de Sousa Lello, dresse sa façade Art Nouveau « gothique », immaculée, dans la rue des Carmélites, bordée de magnifiques immeubles 1900. La façade étroite est ornée de sgraffites, percée d’une vitrine dans un ample arc Tudor tendu et surmontée d’un pignon dentelé à claire-voie de remplages. Elle fonctionnait comme une enseigne pour ce qui était alors aussi la plus prestigieuse maison d’édition du Portugal.
L’intérieur du magasin, entièrement tapissé de bibliothèques de bois ouvragées, abrite en son centre un escalier tournant aux courbes savantes qui déroule avec hardiesse ses volées et ses paliers aux emmarchements curvilignes.
Une verrière zénithale dispense au fond du magasin un éclairage qui complète les jours pris en façade. Une devise en latin s’affiche au centre du vitrail, une devise sur laquelle il y aurait , à tout égard, à méditer aujourd’hui: « Decus in labore », ce qui peut se traduire par Honneur dans le travail. Et ce temple du livre offrait en effet à son personnel un cadre exceptionnel, pleinement empreint de dignité artistique.

Tous les dispositifs d’origine existent encore aujourd’hui pour l’enchantement des touristes et des clients ordinaires. En 1996, le quotidien espagnol El País lui a accordé le titre de » plus belle librairie du monde « , titre qu’il paraît difficile de contester.
Il est souvent plaisant d’écouter le mercredi matin entre 10h00 et 11h00 l’émission Métropolis préparée par François Chaslin, l’excellent médiateur de l’architecture sur France-Culture. Ses invités, plus ou moins loquaces et articulés, abordent toutes sortes de sujets d’actualité, évoquent leurs publications récentes, les résument à l’intention des auditeurs avec plus ou moins de verve et de talent oratoire. Chaslin intervient, renchérit, questionne, anime.
Quelques pensées surgies en arpentant les Rues Basses, tête en bas, ce qui arrive parfois! La foule se presse et je suis perdue dans mes pensées, les yeux rivés sur le sol. Tristes sols de Genève au diapason avec de tristes mobiliers urbains et de tristes signalétiques, surtout disparates … Le passage Malbuisson, un passage de grande ancienneté, maintes fois remanié, le long duquel les commerces n’en finissent pas de se remplacer les uns les autres, un passage jamais fini, dont l’horloge de l’Escalade constitue une attraction certaine, comme le relate la notice du site de Genève-Tourisme:
Dysneylandisée, la pastorale helvétique demeure un solide créneau que les successeurs de Thomas Cook exploitent ad nauseam. Heidy a remplacé Helvetia et on a créé un Heidyland à l’intention des touristes japonais, ces mêmes touristes pour lesquels de faux pâtres suisses, à la solde de Kuoni, jouent du cor des Alpes en pleine ville de Genève. 